Quel est l’état du Management de Transition en France ?

Quel est l’état du Management de Transition en France ?

Quel est l’état du management de transition en France ?

Le marché français du management de transition

Lors de son apparition sur le marché français, environ en 1990, le management de transition pouvait apparaître comme un moyen de faciliter les recrutements ou encore de permettre aux cadres dirigeants seniors de faire profiter les jeunes générations de leur haut niveau d’expérience.
30 ans plus tard, le management de transition s’est imposé comme un métier à part entière qui semble parfaitement bien dimensionné pour faire face aux besoins urgents des acteurs économiques.
La création d’un nombre relativement important d’entreprises spécialisées en management de transition a, en partie, permis de répondre à la demande. Certains cabinets RH traditionnels ont également accompagné le développement de ce secteur en créant des services dédiés en leur sein. Plus récemment, des acteurs « Pure Players » spécialisés comme LGC Desclèves Rousseau, leader du management de transition sur les métiers du droit, ont investi de nouveaux secteurs avec succès.
Néanmoins, le dimensionnement du marché français reste à ce jour en deçà de celui qui a été atteint par d’autres pays européens comme l’Angleterre et l’Allemagne. Les causes de ce phénomène sont certainement liées à des raisons culturelles, à la réglementation liées au droit du travail, à la structuration du marché français, etc. Pour autant, le marché du management de transition connaît ces dernières années une forte croissance en France qui laisse présager un rattrapage à moyen terme. Les nouveaux acteurs spécialisés comme LGC Desclèves Rousseau connaissent une forte croissance, qui atteste du besoin de tous les départements des entreprises de recourir à des managers de transition.

État des lieux et grands indicateurs

La Fédération Nationale du Management de Transition (FNMT) se présente comme un syndicat professionnel qui regroupe les entreprises du secteur ainsi que les principales associations de managers. En 2016, la FNMT a annoncé la création d’un Institut de Formation au Management de Transition (IFMT) afin de contribuer à la professionnalisation du métier de manager. La formation proposée par l’institut est sanctionnée par l’obtention d’un « certificat de management de transition ».
Par communiqué de presse du 14 mars 2019, la FNMT a rendu publiques les données chiffrées de son baromètre annuel 2018. Le chiffre d’affaires des adhérents de la fédération continue de connaître une croissance soutenue puisqu’il progresse de 19% en 2018, contre 23% en 2016 et 27% en 2017. Avec 51% des missions, l’industrie reste le secteur qui a le plus recours aux services des managers de transition. Les interventions en vue de conduire un projet ou une transformation représentent 57% des missions. La plus forte progression est celle des missions de « gap management ». Elle peut s’expliquer par une plus grande difficulté à assurer le remplacement de managers puisque le taux de chômage des cadres a atteint un niveau inférieur à 4%. D’ailleurs, les managers de transition exerçant leurs fonctions dans les directions financières, industrielles ou RH enchaînent leurs missions et sont souvent mobilisés dans un délai maximal de 48 heures.
Le baromètre publié par la FNMT laisse, en outre, apparaître la maturité du secteur. En effet, 62% des entreprises qui ont fait appel à un acteur du secteur en 2018 avaient déjà eu recours au service d’un manager de transition par le passé. Il s’agit indéniablement d’un marqueur de confiance.

Perspectives de croissance du management de transition

Avec une croissance de près de 30% en 2017, le marché français du management de transition est un secteur dont la progression constante devrait, dans les années à venir, conduire à atteindre un volume comparable à celui de l’Allemagne, pays au sein duquel le chiffre d’affaires dépasse 1,3 milliard d’euros. La tendance à la ré-industrialisation ouvre des perspectives pour le management de transition puisque ce dernier est déjà fortement implanté dans l’industrie, mais pas seulement puisque le management de transition se développe aujourd’hui rapidement en France dans le secteur des services (métiers du droit, des ressources humaines, de la finance ou encore des services informatiques par exemple).
La croissance est notamment au rendez-vous pour les acteurs innovants et professionnels, à l’éthique forte.
En revanche certains petits acteurs n’ont pas trouvé leur place, faute d’avoir démontré une véritable capacité à trouver les bons experts et à les piloter véritablement. Ainsi les expériences tentées par les filiales des grands acteurs de l’intérim ne se sont pas toutes révélées gagnantes. De même les grands cabinets de recrutement qui se sont essayés au management de transition, par souci de diversification, n’ont que très rarement réussi leur pari.
La preuve que le management de transition demeure un métier distinct nécessitant des moyens et des aptitudes tout à fait différents de l’intérim et du recrutement.
Les acteurs qui sont apparus ces dernières années et qui ont connu une belle croissance, sont des spécialistes « pure players » du management de transition, aux valeurs fortes d’éthique et de transparence, dédiés entièrement à cette activité, qui sélectionnent des candidats de qualité et suivent les missions.
Par ailleurs, l’emploi provisoire, les contrats de mission et le freelance viennent de moins en moins heurter une mentalité française encore souvent axée en direction de la recherche de protections et de la stabilité offerte par le contrat de travail à durée indéterminée. Cette manière de concevoir le monde du travail semble reculer chez de nombreux jeunes managers plus enclins au pragmatisme. L’âge moyen du manager de transition est passé de 60 ans au début des années 2000 à 48 ans aujourd’hui. Dans le secteur des services, cette moyenne baisse compte tenu de l’appétence de nombreux candidats pour ce nouveau métier. Par exemple dans le domaine des métiers du droit, LGC Desclèves Rousseau, leader du secteur, a un vivier de managers de transition dont l’âge moyen est de 35 ans. En outre, la pratique du portage salarial a déjà permis d’obtenir des résultats souvent satisfaisants dans la sécurisation des parcours professionnels des managers de transition.
Le marché du management de transition s’est bien structuré autour de cabinets généralistes d’une part ou spécialisés d’autre part (comme le cabinet LGC Desclèves Rousseau pour les métiers du droit). Ainsi, le contenu des prestations de management de transition se distingue des autres interventions de conseil en management avec plus de clarté. Pour une bonne compréhension entre les clients et les managers, il est, en effet, nécessaire de mettre en évidence les services que peuvent apporter les managers de transition. Il s’agit d’un véritable métier qui a pour objet de permettre aux groupes et aux entreprises de faire face à des enjeux stratégiques importants. A noter que la mission temporaire de management de transition utilisée comme un préalable à une embauche durable (mission de pré-recrutement) est une pratique que les « Pure Players » ont développés avec succès.
En outre, le management de transition est susceptible, à l’avenir, de conquérir de nouveaux secteurs pour lesquels les besoins se font croissants. Ainsi, la fonction publique connaît également des mutations profondes qui nécessitent l’intervention de cadres spécialisés pour des missions d’une durée relativement courte. Ces personnels font souvent défaut dans les administrations. Surtout, les PME et ETI devraient constituer, à l’avenir, un nouveau levier de développement pour le management de transition. Celles-ci doivent, comme les grands groupes déjà habitués à recourir au management de transition, conduire des transformations importantes (digitalisation…) qui conditionnent leur croissance.