Quel est l’état du Management de Transition en Europe ?

Quel est l’état du Management de Transition en Europe ?

Quel est l’état du management de transition en Europe ?

Le management de transition connaît une croissance importante au sein de l’Union européenne. Il offre aux entreprises la possibilité de bénéficier de l’intervention d’un manager très qualifié pour mener à bien un projet, pour faire face à une situation donnée lorsqu’aucun cadre exerçant dans l’entreprise n’est en mesure de conduire une action efficace, ou pallier l’absence d’une ressource. Le succès du management de transition est directement lié à sa souplesse. En effet, il est particulièrement appréciable pour une entreprise de pouvoir compter sur un professionnel de haut niveau sans avoir à réaliser un recrutement ferme par le biais d’un CDD ou d’un CDI.

Il s’agit d’un secteur d’avenir qui se construit avec pragmatisme en fonction des besoins exprimés par les acteurs économiques. Néanmoins, le niveau de développement du management de transition est largement influencé par l’état des cadres juridiques nationaux, notamment en matière de droit du travail, ainsi que par un certain nombre de pratiques d’ordre culturel.

Des fédérations dans divers pays

La Fédération Européenne des Associations de Conseils en Organisation (FEACO) est l’organisme qui publie des chiffres à l’échelle de l’Union permettant de mesurer le niveau de croissance du management de transition. La FEACO collecte les données qui lui sont communiquées par les différents pays. La Belgique dispose d’une organisation représentative des professionnels du secteur du management de transition et qui est très avancé pour la reconnaissance d’un véritable statut du manager de transition. L’Allemagne publie régulièrement, quant à elle, des chiffres émanant de différents organismes. En France la Fédération Nationale du Management de Transition (FNMT) créée en 2014 se donne pour ambition de devenir un groupe représentatif ainsi qu’un interlocuteur des pouvoirs publics. La FNMT publie chaque année un baromètre du management de transition à l’échelle nationale.

Même si les chiffres sont à analyser avec prudence, la FEACO estime que l’Allemagne avec un poids du management de transition représentant 33% du conseil en management et l’Angleterre avec 22% sont les leaders du secteur. La France est très en retrait avec seulement 10% (1). Il n’est pas surprenant que des pays plus libéraux sur un plan économique se trouvent en tête. En outre, l’Allemagne conserve, à la différence de la France, une industrie puissante. Le secteur industriel reste le premier pourvoyeur de missions de management de transition.

Par ailleurs, la France a été dans un premier temps, plus réticente dans la reconnaissance d’une activité professionnelle aux contours encore à construire qui a longtemps été exercée par des indépendants. La professionnalisation de l’activité de manager de transition, notamment favorisée par le développement et l’encadrement des cabinets de portage salarial, accélère le décollage du management de transition en France. Par ailleurs, un renversement culturel est observable dans plusieurs enquêtes d’opinion. En 2013, 35% des jeunes français de 25 à 30 ans exprimaient le souhait d’exercer une activité indépendante alors que 38% désiraient devenir salariés (2). La tendance s’inverse aujourd’hui.

En Angleterre comme en Allemagne, la part du management de transition juridique promet de beaux développements. En France, le management de transition connaît aussi une belle croissance depuis quelques années.

Les grandes tendances du management de transition en Europe

Quel que soit le pays observé, on retrouve des tendances similaires, à savoir la montée en puissance des missions ayant pour objet la conduite de projets et l’accompagnement de la croissance de l’activité (lancement de produits, création de filiales, réalisation d’opérations de fusion et d’acquisition…) au détriment d’interventions au titre de la gestion de crise. Le rajeunissement des managers de transition est également une tendance forte.

Néanmoins, des différences sont à noter entre les pays.

Selon le rapport annuel 2016 de l’une des deux grandes fédérations allemandes du secteur, l’AIMP (Arbeitkreis Interim Management Provider), le recrutement des managers de transition allemands se fait de plus en plus largement en dehors des cabinets spécialisés. Le marché allemand fait prévaloir une plus grande souplesse, dans un esprit plus libéral.

Une tendance inverse est observable en France : la Fédération nationale (la FNTM) a pour objectif de fédérer les cabinets de management de transition afin de garantir un niveau de qualité maximum dans cette profession. Les interlocuteurs privilégiés des entreprises sont des sociétés de management de transition à l’éthique forte et au savoir-faire éprouvé, dédiés au management de transition.

En Europe, le recours au management de transition tend désormais à faire partie de la vie courante des entreprises. Il est désormais acquis que le management de transition est installé durablement dans le monde de l’entreprise. Il s’agit d’un métier à part entière qui attire un public de jeunes cadres talentueux.

La répartition des métiers concernés par le management de transition continue à évoluer vite et par exemple, en France, le management de transition se développe sur les métiers du droit grâce à des acteurs professionnels tels que LGC Desclèves Rousseau, leader sur ce secteur d’activité.

[1]Source « Fédération européenne des associations de conseils en organisation » (FEACO) – 2015
[2] Baromètre jeunesse de l’Ifop